Notre histoire

Historique et traces anciennes de la Tournaisienne

Le 18 décembre 1885, en réaction à la création de la Lux en 1880, les étudiants du Hainaut créèrent l’Hennuyère, dont le premier président fut Binchois. Cette société unissait six
« locales », dont la Tournaisienne.

La légende veut que la Tournaisienne ait vu le jour lors d’une nuit de décembre de l’hiver 1885, « gosse en haillons parmi les pots de bières ». Selon un article du Courrier de l’Escaut de l’époque, son premier président fut Le Tellier. D’après l’annuaire des étudiants, il s’agirait plus précisément de Pol Le Tellier, étudiant originaire d’Ath ayant suivi l’ensemble de sa scolarité au Collège Notre-Dame de Tournai.

Ensuite, pour reprendre les mots de l’édition du trentenaire de l’Ergot retraçant l’histoire des premières régionales et locales, la Tournaisienne a connu une période de croissance : « Âge difficile, sautes d’humeurs… l’U.T. – Union Tournaisienne – vivote péniblement. Trop choyé à ses débuts, le moutard est délaissé malgré la vigilance d’Henri Carton et d’Edmond Thieffry » (présidents avant 1900). La régionale cherchait, tant bien que mal, son identité.


Peu de temps après la fondation de l’association, la Belgique fut secouée par le premier conflit mondial. La période de la première guerre mondiale connut la mort de nombreux membres de la Tournaisienne et, parmi eux, certains de ses fondateurs. Au sortir de la première guerre mondiale, la première réunion des membres eut lieu le 9 décembre 1919 et regroupait une centaine d’étudiants. Elle consista principalement en un hommage aux morts et en l’élection d’un nouveau comité. Le comité de 1920-1921 fut présidé par Florian Monnier, assisté par Hermès Hoornaert. La Tournaisienne s’orne pour la première fois d’un drapeau.

C’est en 1925, sous la présidence de Jean Philippe, que l’emblème du lapin fut officiellement adopté : « […] l’U.T. voyait d’un œil jaloux le sanglier de la Lux. Elle pouvait également se permettre quelque chose dans ce goût-là et, plus calme, elle choisit le lapin ». Cette année-là, on vit donc apparaitre un porte-lapin ainsi qu’une maxime « belliqueuse » à l’égard des Lux : « In principio erar Lux sed in primis societatibus galliae fuit Tornacensis Societas ».

L’année 1933-1934, présidée par le très charismatique Willem Colin, est déclarée, on ne sait pour quelle raison, année du cinquantenaire. Le programme de l’anniversaire est somptueux : interprétation de l’Avare aux Variétés, Te Deum à l’église Saint-Quentin, réception à l’Hôtel de Ville, banquet, cortège dans les rues et sur la Grand-Place.

Après la deuxième guerre mondiale, À Louvain, la guindaille ne perd pas ses droits, mais elle se subdivise dorénavant en bibitive et en culturelle, la première fonctionnant entre mâles, à la bière, la seconde, au vin blanc, en compagnie des dames.

En 1949, lors de la présidence de Jean-Paul Vanhoutte, la Tournaisienne se dote à nouveau d’un ordre honorifique dit Ordre Académique du Pont des Trous Surélevé. La paternité en est attribuée à Albert Valembois et à André Warny. L’utilité d’un ordre n’était pas clairement établie. Sans doute, les très sérieux ordres du Pays Noir (Carolo) et de la Hure (Lux) chatouillaient-ils les Tournaisiens. Plein d’humour, ils se jouèrent de l’imitation en intitulant le leur de façon biscornue. En 1957, le président de l’époque, Jacques Delvigne, fit frapper les médailles au nom de l’O.A.P.T.S, ce qui deviendra le “vlek” distribués aux plus hauts dignitaires de notre régionale.


Les années 1960 délaissèrent quelque peu les activités culturelles des années précédentes au profit d’activités plus réjouissantes et plus arrosées. Comme l’en témoigne cette photo suivante, les baptêmes, le roi des bleus et bibitives connaissaient un nouvel essor.

Dans ce contexte hostile du Walen Buiten, la Tournaisienne périclita. Dès lors, en 1974, de part et d’autre de la frontière linguistique, d’un Louvain à un autre, on pouvait trouver deux Tournaisienne le temps du transfert des facultés. L’une présidée par Vincent Dubuisson et

composée de scientifiques et d’ingénieurs à Louvain-la-Neuve et l’autre, résistante à Leuven, menée par Jean-Louis Hennart et composée d’étudiants issus du secteur des sciences humaines. Le déménagement de Leuven vers Louvain-la-Neuve fut catastrophique pour le folklore estudiantin. La Tournaisienne sombra dans une profonde léthargie. En septembre 1977, Philippe Mullier parvint à regrouper huit étudiants désireux de relancer la tradition régionale. Comme l’UCL accordait des « kots » à prix modéré à ceux qui dynamiseraient Louvain-la-Neuve, il introduisit une demande mais elle ne fut pas prise en compte. Par contre, les activités de la R.U.T.E.L. furent suivies et appréciées par l’UCL : surtout la course de caisses à savon qui aurait pu devenir le pendant des actuelles 24h vélo…

Un nouvel âge d’or a pu apparaître dans les années 1980, ce qui a pu rendre à la Tournaisienne une importance particulière dans l’ordre des régionales. Depuis cette période-là, la Tournaisienne vit une bonne période. On peut par exemple noter que la régionale a organisé un carnaval pour les enfants néo-louvanistes, activité qui sera reprise par la suite par la Fédé.

C’est également durant ces années-là que le cabaret wallon, absent de Louvain-la-Neuve depuis plus de 20 ans, fut son retour. La Tournaisienne devient le premier mouvement estudiantin à pouvoir utiliser le musée de Louvain-la-Neuve comme cadre d’une exposition.

La Tournaisienne mets sur pied sa première Expo-BD en 1991. Exposition qui cartonna et durera presque 20 ans. Ensuite, en 2004-2005 fut l’année où l’on fêta officiellement le 120e anniversaire de la Royale Union Tournaisienne de Etudiants de Louvain. Cette année de festivités diverses fut présidée par Damien Brotcorne. Au programme, une semaine spéciale – « Semaine 120e » – fut mise en place par deux comitards spécialement affectés à cette tâche.

En décembre 2009, la Tournaisienne passe en ASBL.

En 2013-2014, la R.U.T.E.L. déménageait à nouveau pour installer ses quartiers au 8 ruelle St- Eloi, dans un bâtiment nouvellement construit pour accueillir plusieurs régionales. Ce fut une année faste en termes de résultats aux activités organisées par la Fédé – 2e au carnaval Fédé, 1er aux décors Fédé et 1er aux cabarets des régionales – et d’affluences aux différents événements. L’année se ponctua par un bal organisé au sein de la salle VIP du Stade Luc Varenne qui rassembla plus de 150 Tournaisiennes dont les 10 derniers présidents de la R.U.T.E.L.

En 2016-2017, la Tournaisienne fut présidée par Gauvain Stavaux. Cette année fut marquée par l’annulation de l’édition 2016 des 24h vélo en raison de risques d’attentats. De ce fait, et désireux d’ajouter un événement rassembleur, le délégué sport de l’époque suggéra l’organisation d’un tournoi de basket, sur la place des Paniers (face au kot de la Tournaisienne). Ce fut un franc succès et cet événement fut conservé les années suivantes.